mercredi 7 juillet 2010

Médailles en chocolat

J'ai laissé le pantalon de femme quitter mes jambes et s'écrouler sur le tapis. Je l'ai ramassé, sorti ses jambes, l'ai posé sur le dossier de la chaise en bois. La nuit je ne suis plus celle qui prépare concours et passe audition, alors la nuit je quitte le pantalon de femme. [J'ai envie d'écrire.]

J'ai écrit un message à Querido et je sais déjà qu'il ne répondra pas. Après qu'il m'ait dit qu'il avait entamé une relation avec la belle fille à l'âme moche, j'ai appelé, demandé des nouvelles, pour ne rien recevoir - ou de l'évasif. Je croyais être unique, ou au moins faire partie d'un clan privilégié ; ceux qui sont près, proches ; ceux qui savent. Mais tout le monde est au courant des détails que je sais, puisqu'il expose sa vie au tout-venant, sans pudeur, une des choses qui m'avaient le plus surprise chez lui, et que j'avais oubliées. Alors, où est la valeur de l'amitié, quand les fragments de vie les plus intimes sont offerts à chacun sans distinction ? La pseudo-amitié ne me semble plus qu'une médaille en chocolat.

J'attends que Wilh me réponde, alors que je n'ai pas encore écrit. Je sais/sens que je n'oserai jamais coucher tous ces regrets/remords, mettre en mots notre amitié fantôme. Envisager la vie sans lui - sans Wilh, ou sans ce fantôme d'amitié - me ronge, pourtant c'est la voie sur laquelle je me suis laissée engager. "La terre s'use, l'amitié des âmes, jamais." Je sais bien qu'elles sont amies, nos âmes, et si tu sais la même chose, on a vraiment été stupides - surtout moi, surtout toi.

Je ne sais même plus si je crois en l'amitié. Même ce mot commence à me faire horreur. Il rime avec pitié, je n'entends même plus l'ami, l'âme. Mes vrais ne se comptent plus que sur les doigts d'une main sans pouce ni auriculaire, je crois. À chaque perte j'ai l'impression d'avoir un bout de cœur qui s'en va.


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Alia... 20 ans, future chercheuse, emplie de questionnements incessants. Aime.